Une rentrée scolaire à nouveau préoccupante en Guyane, selon le SE-UNSA

Pour le SE-UNSA, la rentrée 2025-2026 se déroule donc dans un « contexte préoccupant » mêlant tensions locales et instabilité nationale. Le syndicat promet de rester mobilisé et appelle à une prise de conscience rapide des autorités.
Cette année, quatre nouveaux établissements doivent ouvrir leurs portes : trois lycées à Macouria, Saint-Laurent-du-Maroni et Maripasoula, ainsi qu’un collège à Rémire-Montjoly. Mais, pour le syndicat, ces ouvertures n’ont pas été correctement anticipées.
« On nous a déjà annoncé que certains établissements auront du retard à l'ouverture. Nos inquiétudes, c'est que les établissements soient rapidement opérationnels, donc équipés de matériel et surtout dotés de personnels », alerte Emmanuel Octavie, secrétaire général du SE-UNSA Guyane.
Selon nos confrères de France Guyane, la situation se précise. Le lycée polyvalent de Maripasoula ouvrira lundi comme prévu. Le lycée de Macouria bénéficiera d’une semaine supplémentaire, avec une ouverture fixée au 8 septembre. Dans l’écoquartier de Rémire, le collège ne sera pas ouvert avant la fin de l’année, idem pour le nouveau lycée de Saint-Laurent-du-Maroni.
Concernant le lycée de Maripasoula, la situation reste emblématique. « C’est historique, le premier lycée du fleuve. Mais on n’a pas eu le nombre d’enseignants volontaires pour y enseigner. Oui, c’est bien d’ouvrir ce lycée, mais il fallait anticiper. Aujourd’hui, il n’est pas trop tard : il faut travailler pour qu’il soit en état de marche et propose aux élèves du fleuve un enseignement de qualité », poursuit Emmanuel Octavie.
Une gestion des ressources humaines vivement critiquée
Le SE-UNSA dénonce une « gestion calamiteuse » des ressources humaines, qui pèserait directement sur l’organisation de la rentrée. En première ligne des critiques : la directrice des ressources humaines du rectorat, dont le départ est réclamé.
« On a une gestion où il y a un mépris affiché envers les personnels et même leurs représentants. On est face à une directrice qui refuse d’appliquer les préconisations du ministère. Depuis son arrivée, des personnels administratifs sont en souffrance, mis sous tension, déjà en sous-effectifs. Beaucoup cherchent à quitter les services rectoraux. C’est un management d’un autre temps », dénonce Emmanuel Octavie.
Selon le syndicat, certains enseignants de retour de longue maladie n’ont pas été réintégrés, et de nombreux postes restent vacants. « On s’attend à ce que les équipes soient incomplètes », redoute le secrétaire général.
Gouvernance académique et instabilité institutionnelle
Autre sujet de préoccupation : la valse des recteurs. Depuis mars 2025, l’académie de Guyane est dirigée par Guillaume Gellé. Mais son arrivée illustre, pour le syndicat, une instabilité chronique.
« À chaque nouveau recteur, il faut tout réexpliquer. On perd du temps à chaque fois », regrette Emmanuel Octavie. Le SE-UNSA a d’ailleurs transmis au ministre de l’Éducation nationale un manifeste pour « repenser la gouvernance académique » et mieux l’adapter aux réalités guyanaises.
Les syndicalistes demandent également une réflexion sur le calendrier scolaire. « Le calendrier est calqué sur un modèle hexagonal qui ne prend pas en compte nos réalités climatiques. On entre dans la période la plus chaude, avec des salles de classe à 36 degrés. Comment demander à un élève de produire des résultats dans ces conditions ? », interroge le secrétaire général.
Une rentrée sous haute tension politique
Cette rentrée scolaire s’inscrit dans un contexte politique incertain. Le gouvernement de François Bayrou joue sa survie lors d’un vote de confiance prévu le 8 septembre à l’Assemblée nationale. Une éventuelle chute pourrait laisser le ministère de l’Éducation nationale vacant, au moment même où la Guyane dit avoir besoin de stabilité et de décisions fortes.