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Sècheresse : le faible niveau du Maroni inquiète les piroguiers et cause des impacts sur la vie des Guyanais

La saison sèche, particulièrement forte cette année, a fait baisser notablement le niveau d'eau du fleuve Maroni. Cette baisse entraîne de nombreuses complications pour les piroguiers qui acheminent le fret vers les communes situées en amont du fleuve, complexifiant encore plus le quotidien de nombreux habitants, déjà impactés par la disparition d’Air Guyane.

  • Par: adminradio
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Maripasoula, Papaïchton, Grand-Santi, entre autres communes particulièrement impactées ces dernières semaines par les difficultés de transport et de logistiques induites par la disparition d’Air Guyane, puis la baisse du fleuve Maroni, rendant le travail des piroguiers particulièrement complexe. Une nouvelle strate de complication, qui impacte les habitants, avec une augmentation des coûts liés au transport de fret sur le fleuve. Madeleine Akatia, de la société AKM Transports, qui fait circuler des certaines pirogues sur le fleuve Maroni, témoigne de ses difficultés :

« Il est navigable, mais avec beaucoup de difficultés et d’organisation. On est obligé de prendre moins de charges, de prendre des moyennes, voire des petites pirogues. Aussi, on est obligé de dépoter les pirogues et de les recharger dans les sauts, c’est-à-dire qu’on enlève toute la marchandise de la pirogue, on transvase tout ça dans une autre pirogue, une fois qu’on dépasse le saut, on recharge la pirogue, la petite pirogue reste là, et on repart. Ça prend beaucoup de temps, c’est la raison pour laquelle aujourd’hui, il faut compter 3 ou 4 jours pour un départ de Saint-Laurent, arrivée à Maripasoula, par exemple ».

Depuis le mois d’août, le nombre de pirogues diminu. Il y a au moins 20 pirogues en activité, c'est deux fois moins. Au-delà d’une nouvelle difficulté logistique, c’est un véritable risque quotidien pour les piroguiers, affirme Madeleine Akatia :

« Les piroguiers sont projetés, c’est-à-dire que le fleuve est tellement violent, qu’on casse les moteurs, on casse les pirogues. Ça fait plus de 4 ans qu’on n’avait pas revu cela, donc nous espérons avoir un peu de pluie avant le mois de novembre, mais c’est vraiment un souci climatique »

Enfin, la situation impacte notablement les prix du transport, et par conséquent, ceux à la consommation, dans un contexte déjà difficile, affirme la gérante d’AKM Transport :

« Tout ce qui est pirogues jumelées, manitou, pelles, tout ce qui est trop lourd, non. Jusqu’à la semaine dernière, on pouvait porter jusqu’à 5 tonnes, aujourd’hui, on est à 3 tonnes. LA vie est devenue beaucoup plus chère, parce que là où on aurait pu emmener tout en une seule fois, on sera obligé de transporter pour le même client, en deux ou 3 fois les produits qu’ils demandent. Actuellement, je suis à Maripasoula, il n’y a plus grand-chose dans les commerces ».

Une situation particulièrement complexe, qui ne sera résolue qu’avec la fin de la saison sèche et l’arrivée de forts épisodes de pluies, permettant au Maroni de retrouver un niveau suffisant pour garantir un transport de fret plus fluide.