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La chanteuse Marie-Laure Garnier remporte une Victoire de la musique classique

La cantatrice, native de Kourou, a été couronnée aux Victoires de la musique classique, ce mercredi 24 février. Elle remporte le prestigieux trophée dans la catégorie « Révélations artiste lyrique ».

  • Par: Clément Buzalka
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Des cours de percussions traditionnelles guyanaises aux scènes internationales. Le parcours de Marie-Laure Garnier, originaire de Kourou, était déjà prestigieux. Il l’est encore plus avec cette Victoire de la musique classique. Un trophée, à peine deux ans après son triomphe au tout premier concours Voix des Outremers. 

Alors, ce mercredi 24 février, devant sa télévision, Fabrice di Falco, le président du concours Voix des Outremers, a jubilé. La première Victoire de la musique classique décernée à une Guyanaise, le chanteur en avait rêvé. C’est désormais chose faite. Alors, la soprano n’a pas hésité à dédier son prix aux outremers.

« Venant de Guyane, à 14 ans, je n’imaginais pas être ici ce soir. J’en suis très heureuse, très honorée. Je voudrais partager un rêve que j’ai. Que dans les outremers, on ait des institutions qui permettent de former les jeunes au chant lyrique. Pour l’instant ce n’est pas le cas. Je souhaite de tout coeur que dans quelques années, devenir chanteur ou chanteuse lyrique soit aussi naturel en outremer. Je dédie ce prix à tous les chanteurs en herbe des outremers. » 

- Marie-Laure Garnier, après s’être vue décerner la Victoire.

Une fois encore, Marie-Laure Garnier n’hésite pas à se présenter comme une ambassadrice des Outremers. À travers ce prix, elle espère donc entraîner toute une génération d’artistes ultramarins à se lancer, dans les territoires, mais aussi en métropole, pour faire rayonner la diversité artistique française, et mettre les projecteurs sur l’art outremer.

Pour Fabrice di Falco, cette consécration est la suite logique pour Marie-Laure Garnier. Selon lui, si le concours Voix des Outremers a beaucoup contribué à mettre la chanteuse en lumière, c’est évidemment à son travail acharné que la Kouroucienne doit cette Victoire.

C’est lors de la cérémonie, ce mercredi 24 février à Lyon, que la Victoire de la musique classique a été décernée à Marie-Laure Garnier. Pour autant, c’est grâce aux votes du public, en ligne, que la chanteuse a remporté le prix. Un public conquis par son interprétation de l’Air d’Elisabeth, issu de Tannhauser, la célèbre pièce de Richard Wagner. 

Retour sur un parcours, déjà très fourni

Très jeune, Marie-Laure Garnier a baigné dans le milieu de la musique. A 14 ans, elle quittait sa Guyane natale pour intégrer le Conservatoire à vocation régionale de Paris. Une formation musicale commencée par la pratique des instruments. Mais très rapidement, elle opte pour le chant et la scène où elle exprime tout son potentiel vocal. A 19 ans, en 2009, elle rejoint le Conservatoire national supérieur de musique et de danse où elle intègre la classe de chant lyrique sous la houlette de Malcom Walker. Elle en sort avec un Diplôme d’artiste interprète ainsi qu’un master de musique de chambre.

En dépit des obstacles qui se dressent parfois sur la route des chanteurs lyriques noirs dans ce milieu élitiste et codifié et malgré le peu de place laissé à ceux qui ont une « dissonance chromatique », selon la formule de l’historien et spécialiste des minorités, auteur d’un rapport sur la diversité à l’opéra, Marie-Laure Garnier décide de se lancer dans la carrière de chanteuse lyrique.

Bien lui a pris puisque le succès est immédiat. Très vite en effet, elle écume les récitals en France, mais aussi à l’étranger. En quelques mois, elle est très demandée et apparaît dans plusieurs opéras. Autant dire que la soprano guyanaise est bien partie pour effectuer une belle carrière à l’instar de son modèle, la cantatrice américaine Jessye Norman disparue en 2019.