Un an après l’accord de Guyane, où en sont les mesures prévues dans le texte?

21 avril 2018 À la une Politique Société


Une délégation d'élus était reçue cette semaine au ministère des Outre-mer à Paris, un 3ème point d'étape sur la mise en place des mesures du plan d'urgence et de l'accord de Guyane, signés le 21 avril 2017 après un mois de blocage.

Dans cette délégation : les deux députés, Gabriel Serville et Lénaïck Adam, le sénateur Georges Patient, ainsi que le président de la Collectivité Territoriale de Guyane(CTG), Rodolphe Alexandre. Le sénateur Antoine Karam était excusé car il accompagne une délégation de sénateurs en visite en Guyane. Selon eux, les 30 mesures du plan d'urgence sont actées, ou en cours d'élaboration.

Point d'étape sur l'Accord de Guyane, le mercredi 18 avril 2018 au Ministère de l'Outre-mer.

Parmi elles, la construction de collèges à Montsinéry, Cayenne et Saint-Laurent du Maroni, et de lycées à Maripasoula et Macouria, 140 personnels supplémentaires pour la mission Harpie 2, de lutte contre l'orpaillage illégal, ou encore la construction d'une prison et d'un tribunal à Saint-Laurent du Maroni, qui devrait démarrer en 2021, et pour lesquels un terrain a été trouvé.
Lénaïck Adam, député de la 2e circonscription, se dit satisfait de cette rencontre avec la ministre, Annick Girardin. « Il faut saluer la volonté du gouvernement de montrer qu’il y a un intérêt pour notre territoire car en un an il y a eu pas mal de réalisations. Les points bloquants doivent être accélérés. Il faut que la population puisse voir la prolifération de grues dans le paysage guyanais. Il faut rester vigilant et suivre étape par étape », affirme-t-il.

De son côté, Rodolphe Alexandre, le président de la CTG, estime que la réalisation de ces mesures est en bonne voie, mais qu'il reste encore beaucoup à faire. « D’une manière générale, il y a un bon avancement. Il faut maintenant conforter d’autres projets notamment en ce qui concerne le foncier, la fiscalité et aux aides économiques. Il faut que le monde économique et la CTG y soient associés. Cela suppose un temps de réflexion »annonce-t-il.

La question de l'évolution statutaire a été débattue avec Annick Girardin, ministre des outre-mer et les élus Guyanais. « Dans la réforme constitutionnelle, il y a une modification de l’article 73. Il va être modifié pour permettre un accès plus facile aux habilitations. La CTG pourra donc plus facilement faire des demandes d’habilitations », annonce Georges Patient, Sénateur de Guyane. Ainsi la CTG aura la possibilité d'accéder à certaines compétences, sur demande. Cela ne concerne pas les compétences régaliennes, comme la sécurité, le contrôle des frontières ou la justice.

Par ailleurs, le plan additionnel de 2,1 milliards d'euros sera utilisé pour financer les projets actés dans les assises des outre-mer, et dans les états généraux de la Guyane. La liste des projets retenus sera connue fin juin. La ministre des outre-mer devrait se rendre en Guyane à ce moment là.

Conférence publique : "Un an plus tard où en sommes-nous avec les Accords de Guyane ?"

C’est le thème de la conférence publique organisée par l’association Les Grands Frères, ce samedi 21 Avril 2018, date anniversaire de la signature des Accords De Guyane, à la CCIG

Les 4 parlementaires étaient présents. Ils ont commencé par lire, thématique par thématique, un compte rendu de la réunion tenue au ministère de l’Outre-mer, cette semaine. Ils annoncent que 80% des mesures d’urgence actées dans l’accord de Guyane auraient été mises en œuvre selon le ministère.

Les 4 parlementaires Guyanais face au public. (Photo : A.BeharyLS)

Mais la centaine de personnes présente dans l’auditorium de la CCIG souhaite que les parlementaires aillent plus loin qu’une simple lecture de chiffres. « Je regrette que certains parlementaires ne soient pas allés au-delà du flou que laisse le ministère. On a besoin de clarté et sincérité dans les chiffres qui sont donnés » dénonce Arthur dans le public. Certains en ressortent déçus, « nous n’avons pas eu  de réponses concernant les mesures additionnelles de 2 milliards », affirme Samantha.

Le public a pu poser directement des questions aux élus. (Photo : A.Behary)

Pour les organisateurs, les Grands Frères, cet exercice de démocratie participative répond à un besoin de la population. « Le but de la conférence est de mettre la population au même niveau d’information. En rencontrant les gens, on a fait le constat qu’il y a un manque de communication au niveau des instances publiques », affirme Zadkiel Saint-Orice, porte-parole des Grands Frères. Le public a souhaité, réitérer ce type de moment tous les mois ou 3 mois. Ce qu’on accepté les parlementaires.

Gabrielle Serville, a été le plus convainquant pour le public. Dans son intervention, le député de la 1ère circonscription affirme « douter » de la qualité de l’effort budgétaire qu’aurait fait le gouvernement en faveur de la Guyane. . Il souhaite qu’un vrai document comptable soit remis pour suivre l’évolution des crédits octroyés à la Guyane de manière globale. « Il appartient au ministère des Outre-mer de faire vite pour nous mettre ce document à disposition. On saura si le combat mené en 2017 a servi à quelque chose ou si le gouvernement ce serait contenté de faire des jeux d’écritures budgétaires » annonce-t-il. Il souhaite mandater un cabinet d’experts financier.


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