Montagne d’Or : le gouvernement sur le même refrain

23 mai 2019 À la une Environnement Politique


A l’issu du Conseil de défense écologique ce jeudi 23 mai 2019, il est difficile de dire que le projet Montagne d'Or est définitivement enterré.

La Montagne d'Or verra-t-elle le jour ?

Le gouvernement en a remis une couche sur l'état actuel du projet de la Montagne d'Or sans pour autant acter précisément son abandon. « Le projet ne peut pas se faire avec les données présentées actuellement » a annoncé Edouard Philippe, le premier ministre. Cette phrase, a quelques virgules près, elle a déjà été prononcé.

« A ce stade, ce qui revient sur ce projet, n’est pas au bon niveau. Un consortium doit émerger pour que ce projet soit transformé et adapté », avait annoncé Emmanuel Macron devant les maires ultramarins en févier lors du Grand débat nationale. Si l’on remonte encore plus loin, François De Rugy, le ministre de la Transition écologique, disait « On ne peut pas le faire tel quel » sur France Inter, en septembre 2018. Finalement, quand le Premier ministre affirme aujourd’hui que « le projet actuel nous apparaît incompatible avec les exigences de protection écologique », force est de constater qu’il y a eu peu d’évolution. Le gouvernement laisse encore entendre que ce projet, qui attend depuis deux ans l’autorisation du gouvernement pour être lancé, pourrait être abandonné.

Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique aurait affirmé après la conférence que le ce projet ne se ferait pas. Une phrase prononcée loin des micros. Or, sur son twitter, elle est bien moins directe, elle aussi emploie le mot « incompatible » mais pas de trace d'une annulation. De plus, il était question que la décision ne soit prise qu'après la venue de François de Rugy en Guyane. Aux dernières nouvelles, il devait venir en juin.

Montagne d’Or n’abandonne pas la bataille

Du côté de la Montagne d'Or, la compagnie réaffirme dans un communiqué, « sa volonté de mener un dialogue ouvert et constructif avec l’ensemble des parties prenantes à ce dossier en vue de rendre ce projet compatible avec les exigences de protection de l’environnement ». La Montagne d’Or affirme son soutien au gouvernement dans la réforme du code minier. « Cette modernisation permettra d’intégrer les exigences environnementales et de clarifier le cadre de l’exploitation minière en France », déclare la compagnie.

Des réactions des politiques locales

La Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), de son côté, retient du Conseil de défense écologique, la présentation d’un futur code minier. « Il était important que nous ayant enfin un code minier qui puisse traduire dans le droit et la règlementation les exigences environnementales que l’on peut imposer aux investisseurs privés qui viennent sur le territoire », a déclaré Hélène Sirder, 1ère vice-présidente à la CTG délégué au Développement durable, aux mines et à l’énergie. Elle fait part de sa satisfaction qu’il n’y ait « pas de condamnation des grands projets miniers par le gouvernement ».

Les écologistes restent toujours septiques et sur leurs gardes. « Il n’y a rien de nouveau », affirme Michel Dubouillé, porte-paroles du collectif Or de Question et secrétaire général de Guyane écologie Les Verts. Il réaffirme qu’il s’agit d’une opération séduction à quelques jours des élections européennes. « Si le gouvernement dit que le projet n’est pas acceptable en l’état cela ne veut pas dire que ce dossier soit enterré ». Il estime que le code minier sera « taillé sur mesure » pour ce type de grand projet minier.

La Montagne d’Or « oui » ou « non » ? La réponse reste encore en suspens même si le Conseil de défense écologique dit « non » au projet en l'état comme il le fait depuis des mois. L'arrêt de mort de la mine n'est peut-être pas signé pour autant.

 


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