Conférence-débat : « Les jeunesses guyanaises dans une société en mutation »

1 juin 2018 À la une Jeunesse Politique


Une conférence-débat à la CTG était organisée hier à l'occasion de la publication de l'étude « Démarche jeunesse » menée par le CRPV, le Centre de Ressources des Politiques de la Ville sur les 34 000 jeunes de Guyane de 16 à 25 ans.

Les principaux enseignements de cette étude sont qu’un jeune sur deux de cette tranche d'âge est Français de naissance, un quart a acquis la nationalité par naturalisation ou reconnaissance et 22% sont de nationalité étrangère. Quatre jeunes sur dix en fin de parcours scolaire n'ont pas diplôme et 1 sur 4 tirent leurs ressources d'activités non déclarées.

Cette étude, menée entre 2011 et 2014 sur 1 648 jeunes, met en lumière plusieurs disparités territoriales : les jeunes sur le littoral sont davantage insérés professionnellement que les jeunes de l’ouest ou sur les sites isolés. Dans certains quartiers, dit « banlieue », des 6 communes majeures, les jeunes ont davantage de difficultés à avoir accès à l’emploi, au logement, à l’insertion sociale. Selon Denis Souillard, directeur du CRPV, il y a également des éléments positifs. « La jeunesse ne doit pas être vue que dans une logique d’insertion. Il y a une confiance dans l’école, dans les institutions qui apparaît dans l’étude. Egalement, une souplesse et une agilité d’un registre culturel à l’autre qui caractérise la jeunesse guyanaise », affirme-t-il.

Conférence-débat « Les Jeunesses guyanaises dans une société en mutation », ce jeudi 31 mai 2018, en présence du Secrétaire général adjoint de la Préfecture Stanislas Alfonsi, de la 7ème Vice-Présidente de la CTG Audrey Marie et Président du CRPV, Jean-Raymond Passard.

Plusieurs collectivités et institutions et collectivités sont partenaires de cette étude pour apporter des réponses aux différentes problématiques soulevées. Selon Audrey Marie, 7ème vice-présidente de la CTG, déléguée à la Petite enfance et à la jeunesse, la CTG doit « repenser la formation jeunesse ». Elle annonce qu’une plate forme numérique servira pour l’orientation et pour l’accès au droit, un appel à projet sera lancé aux chefs d’établissement afin qu’ils travaillent sur la prévention des conduites à risque. De plus, une cellule pour la protection de l’enfance dans l’est a vu le jour. Audrey Marie fait appelle aux citoyens Guyanais. «La jeunesse, ce n’est pas uniquement l’affaire des politiques et des institutions, c’est l’affaire de tous », affirme-t-elle.

Plus de la moitié des jeunes sont d'origine sociale dite populaire et 40% vivent dans des quartiers prioritaires. Une exclusion ressentie par une partie de la jeunesse qu’Audrey Marie refuse d'imputer aux institutions. « L’exclusion est multifactorielle. Elle se fait déjà dans nos discours. Comment nous traitons notre jeunesse ? L’exclusion commence aussi à l’école. Est-ce que les programmes de l’éducation nationale prennent en compte nos diversités ? Certes des nouveaux moyens sont mis en place mais n’y a-t-il pas d’autres possibilités pour combattre l’illettrisme », s’interroge-t-elle.

Le débat qui a suivi la présentation de l’étude, avait également pour objectif de permettre d’approfondir la réflexion sur les leviers qui restent à mettre en œuvre aujourd’hui, au regard des besoins du territoire. A l'issu du débat, la CTG a donné rendez vous à ses partenaires, le 7 juin 2018 pour une journée de travail-ateliers sur 3 problématiques jeunesse  : l'hébergement des jeunes scolarisés sur le littoral, la médiation socio-culturelle, l'information jeunesse.


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