Président de la Montagne d’or : « un projet bon pour nous, bon pour la Guyane et bon pour les Guyanais »

6 décembre 2017 À la une Economie


Le président de la compagnie minière Montagne d'Or, Pierre Paris, répond aux questions de la rédaction de Radio Péyi Guyane.

Le projet de mine d'or dans l'Ouest guyanais se concrétise. Située à 120 kilomètres au sud de Saint-Laurent du Maroni, la mine devrait exploiter une réserve estimée à 85 tonnes d'or pendant au moins douze ans. La surface impactée serait de 8 kilomètres carrés, fosse et infrastructures comprises. Les travaux devraient débuter en 2020, pour une mise en exploitation en 2023. En attendant, la prochaine étape est le débat public, qui se tiendra de mars à juin 2018. Par ailleurs, le président de la Montagne d'Or a demandé un rendez-vous au préfet pour évoquer avec lui les problèmes rencontrés avec les orpailleurs illégaux, proches de la future mine.

A quelle étape êtes-vous aujourd’hui de ce projet de la Montagne d’or ?

Pour l’instant on a un camp d’exploration sur l’ancien village Citron. On a fini l’étude de faisabilité qui a conclu à la viabilité du projet. Ce qui nous occupe actuellement est le grand débat public qui aura lieu en 2018. Après cela, on travaillera à améliorer le projet et déposera des demandes de permis.

Quand pourra-t-on voir le projet se réaliser ?

On pense commencer à construire le projet en 2020, ça devrait durer 2 ans et demi, avec une mise en exploitation en 2023.

Comment la Montagne d’or va-t-elle participer au débat public ?

Nous avons reçu sur le territoire les membres de la CNDP(Commission nationale du débat public) avec lesquels nous nous sommes rendus sur le site, nous travaillons avec les membres de la CNDP pour préparer le débat, donner l’information aux Guyanais. Notre objectif est que ce débat soit ouvert, qu’on puisse travailler sereinement et que les Guyanais qui ont des questions légitimes puissent s’exprimer, ce qui nous permettra d’améliorer le projet et le rendre acceptable par tous.

Par la suite, si la majorité des guyanais sont contre le projet, allez-vous renoncer au projet ?

Nous sommes ouverts, nous allons écouter et nous allons améliorer le projet dans la mesure de nos possibilités pour que ce projet soit bon pour nous, bon pour la Guyane et bon pour les Guyanais.

Comment ce débat va se passer ? Comment allez-vous informer la population ?

En fait, on va rencontrer le membre de la CNDP très bientôt pour savoir comment ce débat va s’organiser. A savoir, quels sont les thèmes qui seront abordés, ils vont sélectionner certains thèmes. Ils organiseront le débat, ce n’est pas nous, à différents endroits sur le territoire guyanais.

Vous êtes prêts à recevoir tous les commentaires de la part des Guyanais ? Même les plus hostiles ?

Bien entendu ! Je pense que les gens qui sont hostiles au projet ont les moyens de s’exprimer dès aujourd’hui, nous les écoutons, nous faisons le nécessaire pour y répondre et informer les Guyanais.

Combien d’emplois seront créés pour la construction de la mine ?

Ce projet à terme va créer 750 emplois, lors de la construction on aura environ 900 personnes pendant 2 ans et demi. C’est aussi un grand nombre d’emplois directs et indirects qui seront créés sur le territoire estimés à plus 3000 emplois. Donc pour le territoire on est sur des estimations à plus de 3 milliards d’euros de retombées cela inclus des retombées fiscales de 350 millions d’euros. Je pense qu’il y a une contribution significative à l’économie du territoire.

Lors de la dernière assemblée plénière de la CTG, certains élus évoquaient des retombées qui auraient pu être plus importantes. Comment peut-on déterminer cela ?

Très souvent les gens, peut-être intentionnellement se concentre sur la taxe sur l’or soit 67 millions d’euros mais je le rappelle on est à un minimum de 350 millions d’euros de taxe et impôt divers, les retombées sont significatives et sont bien au-delà de la seule taxe sur l’or.

Avez-vous des subventions ?

Clairement, nous n’avons pas de subventions particulières sur ce projet. Nous bénéficions des dispositifs incitatifs à l’investissement dont n’importe quel industriel voire même particulier bénéficierait sur le territoire. Les infrastructures sont toutes financées par Montagne d’or et on étudie avec la collectivité les moyens pour une rétrocession à terme de ces infrastructures au territoire.

Quel sera l’impact environnemental de la mine ?

Toute activité a un impact mais nous gérons cet impact de manière à le réduire au maximum et le compenser là où on ne peut l’éviter. La mine comme l’ensemble des industries s’améliore, nous travaillons sur des ressources finies donc nous avons tout intérêt à faire les choses bien pour pouvoir accéder à des nouvelles mines. Ainsi, nous voulons être exemplaires, nous voulons développer un modèle guyanais, là où la sensibilité écologique est forte. Nous avons des responsabilités, nous les assumerons. Nous allons, bien sûr nous conformer à la règlementation et bien au-delà. Notre objectif est de développer un modèle guyanais qui développera la ressource, l’or et enrichir le territoire pas au détriment de l’environnement.

Qu’est ce que la Guyane a y gagner ?

La Guyane a besoin de se relancer au niveau économique. Elle dispose d’une ressource minière importante. Le développement de cette ressource va permettre le développement du territoire avec d’autres industries, d’autres branches de l’économie. Le développement de l’économie verte, nous sommes très favorables, si on peut, par notre projet, participer et permettre le développement d’une économie verte en Guyane, on aura réussi notre pari.

Vous avez sollicité un rendez-vous avec le Préfet, au sujet de votre cohabitation avec les orpailleurs illégaux sur place, pouvez-vous nous en dire un mot ?

Nous avons un certain nombre d’orpailleurs illégaux sur nos concessions comme la majorité des acteurs légaux de cette industrie. Ca fait partie des réalités auxquelles nous sommes confrontés en permanence, c’est parfois difficile. Ce n’est pas une situation qui peut durer éternellement, nous désirons nous entretenir à ce sujet avec l’Etat.

 

 

(Interview réalisée par M.Romagnan)


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