Montagne d’Or : bilan et compte-rendu du débat public

8 septembre 2018 À la une Economie Environnement


La commission nationale du débat public a rendu son bilan ce vendredi 7 sur le projet de la compagnie Montagne d’Or

Pendant 4 mois, du 7 mars au 7 juillet, toutes les parties ont pu s'exprimer, ainsi que des spécialistes. Toutes les informations ont été compilées dans un imposant livret de 136 pages. La commission particulière du débat public y a consigné toutes ses remarques et ses conseils.

Le détail qui étonne, c’est l’origine géographique des contributeurs sur le site internet du débat public. 112 personnes ont contribué depuis le France métropolitaine contre seulement 43 en Guyane. Comme ci le sujet de la montagne d’or mobilisait davantage à Paris d’ici. C’est du moins la tendance que montre le site. Des élus Guyanais avaient été invités pour la présentation du bilan, nous n’en avons vu aucun.

De la zizanie dans le débat

Ce bilan note aussi les fortes tensions qui ont émaillé les 4 mois du débat chaque par partie s’est radicalisé dans les certitudes qu’elle avait déjà avant le début des discussions. Les règles du débat n’ont pas toujours été respecté puisqu’il n’y a eu très peu de progression dans la connaissance du projet et dans l’argumentation que ce soit d’un côté ou de l’autre. « Il faut qu’on réfléchisse aux façons de faire dans un contexte extrêmement passionnel pour que le débat public soit productif. Un débat pour qu’il produise de la connaissance pour tout le monde. On doit revoir certaine modalité lors des débats pour faciliter ce processus », retient Roland Peylet, le président de la Commission particulière du débat public (CPDP).

Roland Pley, président de la CPDP et Chantal Jouanno, présidente de la CNDP. (Photo : G.Vernet)

Dans sa conclusion, la commission particulière du débat public compare même ces réunions à un dialogue de sourd. S’il n’appartient pas à la commission de prendre une décision, elle formule néanmoins plusieurs conseils. Elle invite notamment la compagnie montagne d’or à être plus transparente dans ces présentations futures.

Vers une modification du projet … ?

Du côté de la compagnie minière, « s’il faut revoir certains points, nous sommes prêts » révèle le journal le Monde. Le projet divise de plus en plus profondément la Guyane comme la constaté la commission nationale du débat public (CNDP). Beaucoup d’élus y voit l’opportunité d’un premier développement industriel sur un territoire qui comporte 22% chômage d’autres le refuse pour des raisons environnementales. L’utilisation du cyanure est particulièrement redoutée. Un procédé en circuit fermé pourtant déjà accepté à la mine « Dieu merci » mais sur une échelle plus réduite. La Montagne d’Or devra traiter près de fois plus de minerais par jours, soit 12 500 tonnes. Le promoteur du projet tient à rassurer, le cyanure sera recyclé et lavé, en cas de rupture peu probable du barrage poursuit-il. C’est une boue non toxique qui s’échapperait. Un nouvel aménagement du parc à résidu pourrait être proposé. Ce sera ensuite à l’Etat d’imposer ses conditions et de trancher.


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