Journée internationale des droits de la femme : Graziella Pouvait, portrait d’une militante

8 mars 2019 À la une Société


Mise en lumière d'une femme engagée de Guyane comme Graziella Pouvait, présidente du collectif "Nous Toutes 973".

La défenseure des droits des femmes

La présidente du collectif "Nous Toutes 973", qui lutte contre les violences faites aux femmes est âgée de 36 ans. Graziella Pouvait est professeure des écoles et artiste. Elle a toujours été attentive aux dangers et aux violences sexuelles depuis son enfance. Mais c’est à l’âge adulte qu’elle prend conscience de l’ampleur de cette problématique. « J’ai compté une fois le nombre de personnes que je connaissais qui ont subi des violences sexuelles sur mineur… Il devait y avoir 10 ou 15 personnes. Une seule a pu porter plainte et avoir gain de cause », affirme-t-elle.

La goutte d’eau pour elle, c’est en 2017, à la suite d’une affaire médiatique autour du viol ou non d’une fillette de 11 ans par un homme de 28 ans dans le Val d’Oise. « C’est l’histoire d’un adulte qui aborde une adolescente en lui disant qu’elle a de beaux seins et de belles fesses. On a eu droit à des commentaires précisant qu’elle faisait plus vielle et qu’elle a accepté de le suivre », se rappelle Graziella Pouvait. « En quoi, une jeune fille est en droit de subir des rapports sexuels avec un inconnu ? », s’interroge-t-elle.

Lancement du Collectif « Nous Toutes 973 »

Autre inspiration, le mouvement #metoo ou #BalanceTonPorc, des hashtags qui se sont largement diffusés sur les réseaux sociaux en octobre 2017 pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement, plus particulièrement dans le milieu professionnel, à la suite d'accusations de cette nature portées contre le producteur américain Harvey Weinstein. C'est la version francophone de la campagne MeToo, utilisée depuis 2007 en ce sens par l'activiste Tarana Burke et relancée en octobre 2017 sous forme de l’hashtag #MeToo par l'actrice Alyssa Milano, qui a encouragé les femmes à partager sur Twitter leurs expériences. Graziella Pouvait a donc créé la branche Guyanaise, le Collectif « Nous Toutes 973 ». « Le travail du collectif est la prise de conscience et être un lanceur d’alerte », précise-t-elle.

Graziella Pouvait : une féministe ?

« Il y a peu de temps, je ne me considérais pas comme une féministe car pour moi elles étaient trop extrémistes à exiger le pouvoir aux femmes à tout prix. J’ai compris que c’est faux », nous confie-t-elle. Mais selon elle, à en vouloir trop, on s’éloigne du principal combat. « Parfois, j’ai tendance à penser que ces espèces de grosses mobilisations sont juste là pour créer des débats parasites. Et le piège c’est qu’au final au lieu de parler des problèmes de la non prise en compte des plaintes pour viol, il y a des gens qui s’énervent sur auteur/autrice, écrivain/écrivaine ».

Selon le collectif, depuis le début de l’année, 20 femmes en France sont mortes sous les coups de leurs conjoints. Le combat continue.

 


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