Grève à l’association l’Ebène : le directeur donne des précisions sur le licenciement jugé « abusif » par les grévistes

13 février 2019 À la une Social


Depuis jeudi dernier, des salariés de l’association l’Ebène, spécialisée dans les soins aux personnes âgées et dépendantes sont entrés en grève illimitée. Après une semaine de grève, certains points de revendications restent au point mort.

Les grévistes souhaitent la réintégration d’une salariée qui selon eux a été licenciée pour avoir consommé des repas lors d’un évènement et notamment des chocolats. La direction réfute ces accusations. Nous avons contacté, Alex Fleret, le président de l’association l’Ebène.  

La direction de l’association l’Ebène licencie-t-elle ses salariés pour ce genre de motif ? 

 « Cette salariée a fait l’objet en 2017 d’une mise à pied à titre conservatoire pour avoir emprunté, selon ses termes, de l’argent à une personne âgée donc a une personne fragilisée. Selon la salariée, c’est en faisant part de ces difficultés financières que la personne âgée lui a emprunté 50 euros. Durant la procédure disciplinaire, je lui ai précisé que cela va à l’encontre de l’étique de l’établissement et qu’elle ne devait pas opérer de telle sorte. Je lui ai simplement donné un avertissement. En mars 2018, une note de service de la direction décrivait qu’elle avait récupéré des repas lors d’un évènement avant même que les usagers aient été servis. Son rôle est de servir les usagers et pas de se servir avant. Il y a eu une nouvelle fois une procédure disciplinaire ».

Et qu’en est-il des chocolats dérobés ?

« Il s’agissait de chocolats achetés dans le cadre des fêtes de fin d’année pour les résidents. Cette même salariée en a subtilisé quelques-uns. Lors d’une énième entrevue, je lui ai précisé quelle sera gravement sanctionnée. Pas pour avoir mangé des chocolats mais parce qu’il y a chez elle une répétition de faits qui vont totalement à l’encontre des valeurs de l’établissement. Et ce sont tous ces éléments qui ont été présentés dans sa lettre de licenciement pour fautes graves. »

Vous avez souhaité accompagner malgré tout cette salariée lors de son départ, pourquoi ?

« C’est une personne âgée de 62 ans et qui a fait plus de 20 ans dans la maison. Même si le licenciement est pour fautes graves, elle a bénéficié de ses indemnités alors qu’elle ne devrait pas les avoir. On a rompu le contrat de travail en la protégeant sur le plan social. Si les syndicats estiment que le licenciement est abusif. Ils peuvent aller au tribunal des Prud’hommes. »

Les grévistes réclament également un plan de formation et le versement de la prime exceptionnelle annoncée par Emmanuel Macron. La cause est-elle juste ?

« Il y a un plan de formation pour nos agents. Mais les agents souhaitent une prise en charge à 100% de la formation diplômante sur les fonctions d’aide-soignant, d’accompagnant éducatif, de moniteur éducateur et d’infirmier. J’ai fait savoir que je suis prêt à y contribuer mais à 100% c’est difficile. La prime Macron, comme l’a précisé le Président de la République, doit être donnée par les entreprises qui font du profit et par celles qui veulent et qui peuvent la verser. Les excédents que l’on fait appartiennent soit à la CTG ou à l’ARS sur les établissements qu’elles financent. Et le plus souvent, si on récupère les fonds, ils vont vers des investissements. De plus, il n’est pas clairement précisé que nos associations sont concernées par la prime Macron. »

Des négociations difficiles ce mardi 12 février…

Un accord aurait pu être trouvé mais quand la direction a catégoriquement refusé de céder sur le versement de la prime Macron et sur le paiement intégral des jours de grève, la colère est montée chez les grévistes. La direction souhaite payer la moitié des sept jours non travaillés et refuse le versement d’une prime exceptionnelle.

La direction s’est engagée à apporter des modifications concernant le plan de formation qui sera financé par une bourse de formation sur une base de 30 à 50 000 euros par an. Et concernant la salariée licenciée pour faute grave, elle ne souhaite pas être réintégrée. La direction l’accompagnera sur le plan social. Le syndicat UTG, la CTG et l’ARS devraient se réunir ce jeudi 14 février pour discuter des derniers points bloquants.


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